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Les compagnies pétrolières pourraient engranger 24 milliards d’euros de superprofits cette année, au détriment des automobilistes

1 avril 2026

T&E appelle à la mise en place d’une taxe provisoire sur les superprofits, pour financer par exemple un plan d’électrification européen

Les majors pétrolières pourraient réaliser un superprofit cumulé de 24 milliards d’euros en 2026 si le conflit en Iran se prolonge, comme le montre le nouveau compteur de T&E [1]. Depuis le déclenchement de la guerre, ces entreprises ont déjà engrangé 1,3 milliard d’euros de superprofit. T&E demande donc à l’UE de mettre en place une taxe sur ces revenus exceptionnels, et d’utiliser l’argent pour aider les Européens à être moins vulnérables aux futurs chocs pétroliers.

Diane Strauss, directrice de T&E France, explique : « Une fois de plus, le surcoût à la pompe payé par les automobilistes alimente les comptes des compagnies pétrolières. Elles n’ont aucun intérêt à ce que l’Europe se défasse de son addiction au pétrole. Pour briser ce cercle vicieux, il faut taxer les superprofits pour financer un grand plan d’électrification, à l’image de celui annoncé en France. ».

Depuis qu’Israël et les Etats-Unis ont attaqué l’Iran le 28 février, les prix des carburants ont rapidement augmenté. A la date du 23 mars, la moyenne européenne des prix à la pompe atteignait 2,06€/L pour le diesel (+0,49€ sur un mois) et 1,89€ pour l’essence (+0,27€). Remplir un réservoir de 55 litres coûte 27 euros de plus qu’avant le conflit pour une voiture diesel, et 15 euros de plus pour un modèle essence.

En 2022, l'UE a instauré une taxe de 33 % sur les bénéfices tirés des combustibles fossiles qui dépassaient de 20 % la moyenne enregistrée entre 2018 et 2021. Cette mesure a permis de récolter environ 28 milliards d'euros entre 2022 et 2023. Pour T&E, ce mécanisme devrait être réactivé.

Les marges sur l'essence ont été plus modérées en raison des stocks élevés aux États-Unis et en Europe, ainsi que d'une faible demande saisonnière. L'UE reste structurellement plus dépendante des importations de diesel que de celles d'essence.

Note

[1] L'estimation de T&E est prudente dans la mesure où elle ne porte que sur les carburants routiers et ne tient pas compte des bénéfices exceptionnels générés par le kérosène, les carburants marins, le fioul domestique ou d'autres produits raffinés vendus en Europe. Voir la note méthodologique pour plus de détails.