L’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, 7e hub des émissions aériennes mondiales de CO2
Publié aujourd’hui, le « Airport Tracker 2026 » est un outil qui recense les émissions de CO₂ et de polluants atmosphériques générés par les vols réguliers et privés, ainsi que ceux liés au fret.
Une nouvelle étude du think tank international ODI Global, menée en partenariat avec T&E (Transport & Environment) et à partir de données fournies par le Conseil international pour des transports propres (ICCT) a analysé l'impact de 1 300 aéroports sur le climat et la qualité de l'air.
Avec 14,7 Mt d’émissions de CO2 en 2023 [1], l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle se classe 7e parmi les aéroports les plus émissifs. Cet impact climatique devrait empirer, puisque Aéroports de Paris (ADP) a soumis au gouvernement un projet d’extension aéroportuaire qui ferait passer le nombre de passagers de 82 millions à 105 millions par an en 2050.
Selon nos modélisations, cette augmentation capacitaire conduirait à 28% d’émissions de CO2 supplémentaires en 2050 par rapport à un scénario sans travaux, éloignant d’autant le secteur aérien français de ses objectifs climatiques. C’est en 2026 que le ministre des transports devra ou non donner l’accord du gouvernement pour le lancement des travaux.
L'étude révèle également qu’en 2023 – l’activité aérienne combinée des principaux aéroports parisiens (Roissy Charles-de-Gaulle, Orly, le Bourget et Beauvais) a généré trois fois plus d’émissions CO2 que la ville de Paris. En termes de pollution atmosphérique locale générée par les décollages et les atterrissages, l’étude estime que les aéroports parisiens ont généré plus de 6300 tonnes d’oxydes d’azote (NOx), qui peuvent provoquer des maladies respiratoires.
À l'échelle mondiale, cent aéroports seulement sont responsables d'environ deux tiers des émissions totales des vols de passagers. Les aéroports de deux pays seulement – les États-Unis et la Chine – sont responsables de plus d'un tiers des émissions totales de CO2. L'Europe, quant à elle, est responsable de plus d'émissions que l'Amérique latine, le Moyen-Orient et l'Afrique réunis.
Comme nous le montrions au niveau européen, cette nouvelle étude confirme que le secteur aérien est encore loin d'atteindre ses objectifs de neutralité carbone. Les vols au départ des 1 300 aéroports répertoriés dans l'Airport Tracker devraient générer 1 022 milliards de tonnes de CO2 en 2023, ce qui placerait l'aviation au 5e rang des plus grands émetteurs si elle était un pays.
Jérôme du Boucher, responsable aviation à T&E, explique : « Autoriser un secteur dépendant des énergies fossiles à poursuivre son expansion ne fera qu’aggraver son impact environnemental. A ce titre, le projet d’extension de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle est un contre-sens historique, qui aura des effets considérables sur la planète et les riverains. Le gouvernement doit se résoudre à mettre un terme à la croissance débridée du secteur aérien et à renforcer les stratégies de tourisme local.»
Note
[1] Dernière année où les données sont disponibles pour l’ensemble des aéroports.
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