Communiqué de presse

La réponse de l'UE à la crise énergétique doit passer par une taxe sur les superprofits des entreprises pétrolières afin de financer l'électrification des transports

22 avril 2026

Réaction de T&E à l'annonce par la Commission européenne de mesures d'urgence face à la crise énergétique

Les dispositions d'urgence présentées aujourd'hui par la Commission européenne ne constituent que des demi-mesures pour répondre à la crise pétrolière et réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis des importations de combustibles fossiles, estime T&E. L'UE a manqué une occasion de taxer les profits excessifs et inacceptables réalisés par les compagnies pétrolières depuis le début de la crise et de planifier l’accélération du déploiement des véhicules électriques.

Les nouvelles annonces prévoient un renforcement de la coordination européenne pour sécuriser l'approvisionnement en carburant ainsi qu’un ensemble de mesures modestes visant à protéger les consommateurs et les industries de la hausse des prix du pétrole. Mais l'UE n'a pas proposé de taxer les superprofits des compagnies pétrolières – contrairement à sa réponse à la crise énergétique en 2022 – et ainsi financer des mesures d’électrification de l’économie européenne et soutenir les personnes en situation de précarité énergétique. L’UE se contente ainsi de proposer ses orientations aux États membres qui souhaitent taxer ces superprofits.

En conséquence du conflit au Moyen-Orient, les entreprises pétrolières devraient engranger 37 milliards d’euros de superprofits en 2026 aux dépens des automobilistes européens, selon le tracker développé par T&E [1]. T&E réclame un plan d’accélération du déploiement des véhicules électriques, comprenant des incitations ciblées pour passer aux voitures et aux camions électriques. Des taxes européennes et nationales sur les superprofits des grandes entreprises pétrolières pourraient contribuer à financer cette mesure, mais également certaines dispositions proposées par la Commission.

Le plan présenté par la Commission n’apporte pas de soutien concret aux véhicules électriques alors que la Commission a les compétences pour traiter ce sujet, déclare T&E. L’ONG appelle les législateurs européens à accélérer l’adoption de son « paquet automobile » et à maintenir les objectifs actuels de réduction des émissions de CO₂ pour 2030 imposés aux constructeurs automobiles. Cela permettrait d’élargir l’offre de véhicules électriques abordables et de réduire l’exposition des Européens aux crises pétrolières répétées. A contrario, les constructeurs demandent un assouplissement de ces objectifs, ce qui pourrait diminuer de 40 millions le nombre de véhicules électriques sur les routes européennes en 2035 par rapport à la législation actuelle, d’après une analyse de T&E réalisée à partir d’une note de position du lobby automobile ACEA obtenue par l’ONG.

La stratégie dévoilée aujourd’hui reconnaît que la construction d’un réseau énergétique résilient est essentielle pour équilibrer l’offre et la demande, mais des investissements significatifs supplémentaires dans les réseaux sont nécessaires, indique T&E.

Antony Froggatt, directeur senior sur l’aviation, le transport maritime et l’énergie chez T&E, déclare : « Au lieu de la réponse robuste et globale dont les Européens ont besoin aujourd’hui, la Commission a proposé des demi-mesures. Celles-ci vont dans la bonne direction, mais ne permettent pas de créer les instruments adéquats au niveau de l’UE, tant du côté des recettes que du financement. Alors que les compagnies pétrolières réalisent des dizaines de milliards de superprofits liés à la guerre, leur taxation est essentielle pour soulager la pression financière sur les ménages européens. Il est également choquant que la Commission ait manqué l’occasion de stimuler l’adoption de véhicules électriques abordables pour les ménages et les PME. »

Les mesures financières présentées dans AccelerateEU pour accélérer la transition vers des carburants verts dans l’aviation et le transport maritime constituent un pas dans la bonne direction, selon T&E, car elles soulignent que les SAF et les SMF sont essentiels pour réduire la dépendance du secteur aux énergies fossiles. Une analyse récente de T&E montre que la crise pétrolière actuelle a renchérit le coût des vols long-courrier de 90 €, contre seulement 3 € liés à l’obligation d’incorporation de SAF. Pour le transport maritime, la crise représente un coût de 340 millions d’euros par jour. L’électrification des flottes, les mesures d’efficacité et le branchement à quai permettent des économies financières immédiates. L’UE ne doit pas céder à la pression de l’industrie qui demande un affaiblissement des mandats d’incorporation de carburants et de l’ETS. Ces législations constituent des cadres essentiels pour atteindre l’indépendance énergétique, souligne T&E.

NOTES :

[1] Le suivi des superprofits pétroliers de T&E est mis à jour chaque semaine. Le chiffre mentionné ci-dessus a été relevé le 21 avril.