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Plan d’électrification : une accélération bienvenue pour renforcer les efforts de décarbonation

10 avril 2026

Le plan d’électrification du gouvernement devra s’inscrire dans la durée pour être efficace, et gagnerait à être renforcé par des mesures complémentaires.

Le gouvernement a présenté ce vendredi son plan d’électrification pour permettre à la France de réduire sa dépendance aux énergies fossiles. T&E salue ses annonces, dont beaucoup étaient portées depuis longtemps par la société civile. Plutôt que de dépenser des milliards d’euros comme en 2022 pour subventionner la consommation de carburant, ce plan permet enfin d’enclencher des réformes structurelles qui pourraient permettre d’accélérer la baisse des émissions du pays.

« Électrifier notre économie est la meilleure manière de se protéger des crises pétrolières, explique Diane Strauss, directrice de T&E France. Il s'agit d'inscrire cette volonté dans le temps long. C'est ce que fait le gouvernement en se donnant des objectifs à 2030, en plus des mesures d'urgence telles que le leasing social et le rehaussement des aides à l'acquisition poids-lourds et utilitaires légers.»

Le retour du leasing social en juin prochain et la mise en place d’un nouveau dispositif pour les professionnels parcourant beaucoup de kilomètres, comme les infirmières, artisans et agents de la fonction publique, pour un total de 100 000 véhicules électriques supplémentaires, est une bonne nouvelle. Par rapport à un plein d’essence, l’électrique permet actuellement d’économiser entre 24 et 44 euros pour parcourir 500 km, en fonction du mode de recharge [1]. Même si les prix des carburants retrouvent leur niveau d’avant-guerre, cet avantage économique persistera.

T&E demande un leasing social étendu

Face aux incertitudes sur la suite de la crise énergétique, ces annonces gagneraient à être complétées par des mesures adaptées pour les plus précaires d’une part, et plus largement pour tous ceux qui ne peuvent pas bénéficier de ce dispositif. Si 200 000 automobilistes bénéficieront du leasing social dans quelques mois, en comptant les éditions précédentes, la crise récente appelle à un réel changement d’échelle.

T&E appelle à la mise en place d’un leasing social étendu, pour mettre en circulation 1 million de véhicules à loyers modérés en associant l’Etat, les collectivités, et les acteurs privés. T&E recommande également la mise en place d’un réseau de service express routier qui permettrait à 23 millions de Français d’avoir une alternative à la voiture. Ce service pourrait être rapidement mis en place puisqu’il utiliserait les infrastructures existantes.

T&E salue également le renforcement des aides à l’achat pour les poids lourds électriques. L’électrification du transport routier de marchandises est la voie prioritaire pour décarboner les flux économiques, c’est aussi un moyen de renforcer la souveraineté et la résilience des nombreuses entreprises du secteur, dont beaucoup sont des TPE et PME.

T&E appelle à compléter ces premières mesures en mettant en place la tarification différenciée des péages selon les émissions de CO2, qui permettrait de donner un avantage net aux camions électriques sur les autoroutes.

Taxer les superprofits liés à la guerre en Iran

Une partie du financement de ces mesures additionnelles pourrait être réalisée via une taxe sur les superprofits des groupes pétroliers. Plusieurs pays européens ont déjà appelé à la mise en place d’un tel dispositif, qui pourrait permettre de redistribuer des milliards d’euros aux consommateurs. D’après le décompte de T&E, les raffineurs et distributeurs européens ont déjà engrangé 3,2 milliards d’euros de surprofits depuis le début de la guerre en Iran. Pour éviter de se retrouver avec un faible rendement de cette taxe, comme en 2022, la France devrait retravailler le périmètre des entreprises concernées afin de limiter les pratiques d’évasion fiscale.

« Le plan d’électrification du gouvernement ne sera efficace que s’il bénéficie d’une stabilité réglementaire et de financement, conclut Diane Strauss. L’objectif de deux voitures électriques sur trois vendues en 2030 confirme la volonté de la France de maintenir une forte exigence sur les objectifs CO2 des constructeurs en 2030. C’est un bon signal. Une taxe sur les superprofits des compagnies pétrolières peut permettre d’accélérer la transition».

Note

[1] Hypothèses de calcul : Consommation moyenne de 18 kWh/100km pour une voiture électrique, consommation de 6L/100km pour une voiture essence. Prix de la recharge à domicile : 0,18€/kWh. Prix de la recharge sur borne publique 22 kWh : 0,40€/kWh. Prix du SP95-E10 : 2€/L.