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77 euros économisés en moyenne par mois : la voiture électrique est un bouclier face à la hausse des prix du pétrole

17 mars 2026

La hausse des prix à la pompe accroît l’avantage économique de la voiture électrique, selon une nouvelle étude de T&E.

Alors que les ministres européens de l’Environnement se retrouvent ce mardi à Bruxelles pour discuter du possible affaiblissement des objectifs CO2 des voitures, la courbe des prix du pétrole vient leur rappeler qu’il est urgent d’électrifier le parc automobile européen. En effet, avec un prix du baril au-dessus des 100$, le surcoût pour remplir le réservoir de sa voiture thermique ne cesse de croître, comme le rappelle une nouvelle analyse de T&E.

Si le prix de l’essence se maintient dans les prochaines semaines autour des 2€ par litre, faire le plein de carburant coûtera 142 euros par mois en moyenne, contre 104 euros avant le début du conflit en Iran. C’est largement plus que pour une voiture électrique. Même avec la hausse potentielle des prix de l’électricité liée au coût du gaz, il faudra dépenser seulement 65 euros de recharge chaque mois pour parcourir la même distance, soit une économie mensuelle de 77 euros par rapport à un véhicule thermique. Sur un an, le gain pourrait s’élever à 924 euros. [1] 

« Rouler en voiture électrique, c’est bénéfique pour le pouvoir d’achat, analyse Diane Strauss, directrice de T&E France. Cette crise pétrolière ne sera sûrement pas la dernière : plutôt que de subir encore et toujours la hausse des prix à la pompe, électrifions notre parc automobile pour alléger notre facture d'énergie et retrouver en même temps une forme de souveraineté énergétique. »

2,9 milliards d’euros d’importation économisés par l’UE grâce à l’électrique

L'analyse révèle également que l'UE a importé 1 milliard de barils de pétrole destinés aux voitures en 2025, pour un coût de 67 milliards d'euros. Cependant, les 8 millions de véhicules électriques déjà en circulation sur le continent ont permis à l'UE d'éviter l’importation de 46 millions de barils l'année dernière, soit une économie de 2,9 milliards d'euros.

Dans son « paquet automobile » présenté en décembre dernier, la Commission européenne a proposé d'assouplir les objectifs d'émissions de CO₂ pour les voitures et de fixer des objectifs d'électrification pour les grandes flottes d’entreprise. Cet assouplissement retarderait la transition vers les véhicules électriques en Europe, prolongeant ainsi sa dépendance au pétrole.

L'industrie automobile et certains dirigeants européens dont Friedrich Merz (Allemagne) et Giorgia Meloni (Italie) souhaitent un assouplissement encore plus important des normes de CO₂ et s'opposent aux objectifs fixés pour les flottes. Au contraire, selon l'analyse de T&E, renforcer l'ambition du « paquet automobile » [2] stimulerait l'adoption des véhicules électriques et réduirait les importations de pétrole de 45 milliards d'euros entre 2026 et 2035, par rapport à un scénario avec affaiblissement des objectifs CO2.

Garder un objectif ambitieux pour les flottes d’entreprises

T&E demande également aux législateurs européens de renforcer l'ambition de la proposition de la Commission visant à électrifier les flottes des grandes entreprises. Les objectifs actuels ne font que suivre les tendances du marché et n'inciteront pas les entreprises à électrifier leurs flottes plus rapidement. Les flottes d'entreprises constituent la principale source d'approvisionnement du marché de l'occasion. En renforçant les objectifs proposés pour les flottes, 3,6 millions de véhicules électriques d'occasion supplémentaires pourraient être mis sur le marché en 2035, permettant ainsi aux acheteurs de voitures d'occasion de réaliser des économies.

« L'UE a le pouvoir d'accélérer le déploiement des véhicules électriques et de protéger davantage ses citoyens contre les chocs pétroliers. Les normes d'émissions de CO2 des voitures obligent les constructeurs à proposer un nombre croissant de voitures électriques abordables. Une loi ambitieuse sur les flottes de véhicules électriques stimulera l'électrification et garantira une offre de véhicules électriques bon marché pour les acheteurs de voitures d'occasion » conclut Diane Strauss.

Notes

[1] Hypothèses retenues pour le calcul de coût :

  • Voiture thermique avec une consommation de 7L/100km et 12.000km parcourus par an. Prix du carburant 2025 (avant crise) : 1,6€/L. Prix du carburant post-crise : 2€/L.

  • Voiture électrique avec une consommation de 20 kWh/100km, même distance parcourue. Prix de l’électricité 2025 : 287 €/MWh. Prix de l’électricité potentiel après hausse due au gaz : 321 €/MWh (+12%).

[2] Dans le cadre de la modélisation du scénario ambitieux pour le « paquet automobile », T&E a retenu plusieurs hypothèses :

  • Les objectifs actuels de CO₂ des voitures pour 2030 et 2035 resteraient inchangés.

  • Les objectifs proposés par la Commission concernant l’électrification des flottes automobiles entreraient en vigueur.

  • Contrairement à ce qui est prévu dans la proposition de la Commission, les véhicules hybrides rechargeables ne seraient pas inclus dans le dispositif d’électrification.