Plus de la moitié des ferries d’Europe pourraient être 100% électriques et rentables en 2035
En France, environ 20% des ferries pourraient être électrifiés et présenter un intérêt financier d’ici 2035
Selon une nouvelle étude de T&E, plus de la moitié (52%) des ferries opérant en Europe pourraient être électriques en 2035, tout en coûtant moins cher à exploiter qu’un navire fonctionnant au carburant fossile. En plus de permettre une réduction des gaz à effet de serre, cette électrification aurait des conséquences positives sur la qualité de l’air dans les ports fréquentés par les ferries.
En 2025, les 12 ferries s’arrêtant à Dublin ont par exemple relâché 92 tonnes d’oxydes de soufre (SOx), particulièrement nocifs pour le système respiratoire, à proximité des habitations. C’est près de 15 fois plus que la quantité de SOx émise par l’ensemble des voitures de la capitale irlandaise. En France, les 13 ferries opérant à Calais ont émis 51 tonnes de SOx l’année dernière à proximité du port, soit 125 fois plus que le parc automobile de la ville !
Même si des règles plus strictes sur la qualité de l’air sont progressivement mises en place dans les eaux européennes (par exemple en Méditerranée), les rejets de SOx ne disparaîtront pas si les bateaux restent alimentés par des carburants fossiles.
« Les ferries électriques sont la meilleure solution sur le plan technologique. D’ici quelques années, ils seront aussi la meilleure solution économique sur de nombreux trajets en Europe, explique Fanny Pointet, responsable du transport maritime à T&E France. Pour assurer leur développement, il faut s’assurer que les ports disposent d’une infrastructure de recharge adaptée aux rotations rapides ».
Une électrification déjà en cours
L’électrification du secteur est déjà une réalité en Europe : en Norvège, la moitié des ferries sont électriques. Dans la mer Baltique, un nouveau ferry pouvant embarquer 140 passagers et du fret pourra circuler en mode 100% électrique entre l’Allemagne et le Danemark, et recharger ses batteries en seulement un quart d’heure.
En France, plus de la moitié des ferries pourraient être convertis à l’électrique (via une propulsion hybride ou 100% batteries). Mais l’électrification pourrait être plus lente qu’ailleurs : seulement 11% des ferries opérants aujourd’hui pourraient d’ores et déjà être entièrement électrifiés et générer des économies pour les exploitants. Cette proportion doublerait pour atteindre 20% en 2035. Cela est notamment dû aux coûts élevés de l’électricité au Royaume-Uni, qui pèsent sur les liaisons transmanche.
Malgré cela, plusieurs compagnies ont annoncé leur intention d’opérer des liaisons France-Angleterre 100% électrique en 2035. C’est notamment le cas de l’opérateur DFDS qui a annoncé six ferries à propulsion électrique d’ici à 2035 depuis Calais et Dunkerque. Les deux ports ont, quant à eux, entamé des travaux pour assurer dès 2030 l’acheminement d’une puissance électrique suffisante pour réaliser une traversée en 100% électrique.
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