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Marché automobile : le “Made in France” et l’électrique grands gagnants de 2025

12 février 2026

L’analyse des voitures neuves immatriculées en 2025 montre également que les différentes réformes visant les flottes d’entreprises ont porté leurs fruits, avec une électrification accrue du secteur.

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L’analyse du marché automobile français de 2025 montre qu’il est possible de concilier la décarbonation du parc automobile avec une politique industrielle volontariste. C’est le constat fait par T&E dans sa dernière publication basée sur les données officielles d’immatriculation du ministère de l’Intérieur (SIV). 

Ainsi, 27 % des voitures électriques (VE) vendues en France l’année dernière ont été assemblées dans l’Hexagone (30 % sur le marché des particuliers), contre seulement 16 % des voitures thermiques (essence, diesel, hybride non rechargeable). « Les données sont claires : l’histoire récente du thermique, c’est la délocalisation. La tendance de l’électrique, c’est le “Made in France”, analyse Léo Larivière, responsable transition automobile à T&E France. Il faut continuer à favoriser cette production locale par des politiques publiques volontaristes telles que l’éco-score ».

Du côté des flottes d’entreprises, les changements de fiscalité opérés en 2024 et 2025 ont porté leurs fruits. Les ventes de VE dans ce segment sont en hausse de 52 % en 2025 (de 69 000 à environ 105 000 unités écoulées). Outre la réforme de la fiscalité des voitures de fonction, qui a rendu les modèles électriques plus attractifs pour les employeurs et les salariés, la création d’une taxe annuelle incitative (TAI) visant les grandes flottes (+100 véhicules) a poussé les gestionnaires à accélérer l’électrification de leurs parcs.

Ces performances sur l’électrique contrastent avec un marché global en baisse en 2025, lié à la chute des ventes des voitures thermiques (-127 000 unités) et d’hybrides rechargeables (-40 000 unités). « Entre les hausses de prix pratiquées par les constructeurs, les gains technologiques marginaux des nouvelles voitures essence, la disparition des petits modèles et les voitures d’occasions attractives, il y a aujourd’hui peu d’intérêt à acheter un thermique neuf, explique Léo Larivière. Nous avons passé un pic structurel sur le thermique et on ne reviendra pas au niveau pré-Covid ».

Enfin sur le marché des véhicules utilitaires (VUL) l’offre de modèles électriques est désormais structurée, mais la demande demeure limitée : environ 10 % des VUL neufs étaient électriques en 2025. Pourtant, là encore, la France a tout intérêt à pousser l’électrification : près de 4 modèles d’e-VUL sur 10 commercialisés en Europe sont assemblés dans l’Hexagone. Leur succès conditionne en partie l’avenir de cette spécialisation. Dans ce contexte, une évolution de la fiscalité peut être utile si elle est ciblée sur les grandes flottes et appuyée sur un éco-score utilitaires.

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