Communiqué de presse

Les voeux de T&E pour 2026 : des investissements ciblés pour des impacts rapides et massifs dans la mobilité

8 janvier 2026

Alors que l’année 2025 s’est achevée sur des renoncements budgétaires en matière de décarbonation des transports, T&E appelle le gouvernement à réaffirmer son ambition en 2026. La transition climatique ne réussira que si elle est juste, socialement et géographiquement.

Contrairement aux idées reçues, la transition des mobilités ne nécessite pas des sommes colossales, mais un meilleur ciblage des politiques publiques au regard des besoins géographiques et sociaux des ménages. Cars express, leasing social territorial, covoiturage, voitures partagées et trains sont des solutions qui existent déjà, et qui combinées et surtout massifiées, disposent d’un fort potentiel pour désenclaver les territoires et redonner du choix aux Français.

Un nouveau cycle d’investissement est nécessaire, afin de répondre aux besoins et au défi climatique, de valoriser l’industrie française et européenne, et de se défaire de notre dépendance au pétrole dans un contexte géopolitique incertain. Nous appelons à un plan d’investissement et de fonctionnement “France Mobilité” : une enveloppe de 300 millions d'euros dès 2026, pour monter jusqu’à 1 milliard d’euros en 2030, financés par les CEE et l'Etat à utiliser en co-financement par les collectivités. Ce plan d’investissement public serait développé en coordination avec le savoir-faire des acteurs publics (collectivités et AOM), privés (banques et opérateurs) et circonscrit aux besoins de mobilité les plus prégnants, dans les zones périurbaines et rurales.

Constat d’échecs passés

Le constat est douloureux : le déploiement d’une offre de mobilité diversifiée sur tous les territoires, intégrant les nouvelles solutions comme le covoiturage et l’autopartage — pourtant au cœur de l’esprit de la loi LOM généralisant les autorités organisatrices de la mobilité — n’a pas eu lieu. Dans le même temps, les moyens consacrés à l’électrification des voitures particulières, via les aides à l’achat, bénéficient encore majoritairement aux ménages les plus aisés.

Les premières victimes de cette situation sont les populations à revenus modestes : la dépendance à la voiture thermique demeure, les véhicules électriques restent inaccessibles pour une large majorité de Français, et le manque de solutions décarbonées accentue les inégalités entre territoires.

« Le gouvernement navigue à vue sur la décarbonation des transports, sans vision de long terme, et se contente trop souvent de mesures restreintes, comme dans le cas du leasing social automobile, alerte Diane Strauss, directrice de T&E France. La puissance publique ne joue pas son rôle pour structurer une offre efficace et coordonnée à l’échelle des territoires. De nouveaux investissements, ciblés et efficients, sont nécessaires pour réduire la fracture territoriale entre zones urbaines et peu denses. Ils visent aussi à faire face aux nouveaux enjeux industriels et géopolitiques : favoriser l’émergence du “made in UE” et réduire notre dépendance au pétrole ».

Priorité 1 : Leasing social 2.0, une flotte publique-privée pour accélérer la transition du parc automobile

T&E appelle le gouvernement à transformer le leasing social en un véritable levier d’électrification des mobilités, au service des ménages dépendants de la voiture.

Le dispositif actuel a démontré l’intérêt des classes moyennes pour la voiture électrique. Et pour cause : un coût au kilomètre avantageux, un accès facilité à la recharge pour les ménages disposant d’un logement individuel, des autonomies qui couvrent la très grande majorité des déplacements, un réseau autoroutier désormais bien équipé, ainsi qu’un confort de conduite supérieur. Pourtant, le leasing social ne finance aujourd’hui que 50 000 véhicules par an, quand les besoins totaux se chiffrent en millions.

Pour jouer pleinement son rôle, le dispositif doit assumer ses objectifs : des volumes suffisants, une diversité de modèles — de la voiture familiale au vélo cargo —, un ciblage social clair et une transparence de fonctionnement. Il est temps que l’État s’associe aux territoires et aux autorités organisatrices de la mobilité pour proposer une offre élargie de véhicules électriques à loyer modéré. Un dispositif réunissant les banques privées, les banques publiques, l’État et les collectivités pour constituer progressivement une flotte de 1 à 2 millions de véhicules, loués sur l’ensemble de leur durée de vie. Cela constituerait un réel soutien à l’industrie automobile française et européenne, tout en permettant de réduire la dépendance au pétrole.

Priorité 2 : Déployer massivement les cars express associés à des lignes de covoiturage sur les axes denses

T&E appelle à intégrer, dans la loi cadre, les moyens nécessaires au fonctionnement d’un véritable système de transport express pour tous, fondé sur les Services Express Routiers. L’alliance innovante entre lignes de cars express et lignes de covoiturage express permettrait de réduire massivement la dépendance à la voiture individuelle, de redonner du pouvoir d’achat et d’élargir les bénéfices de la décarbonation aux habitants des campagnes et des petites villes.

L’objectif est ici de donner le choix aux Français, en mettant à disposition une offre de transport rapide et confortable sur des grands axes largement utilisés, sans construire d'infrastructure supplémentaire à court-terme. Désenclaver les territoires ne passe plus par la construction de nouvelles routes — coûteuses et destructrices des écosystèmes — mais par le déploiement d’une offre diversifiée de solutions de mobilité : rail, routes, cars et voitures. Un « Grand Plan pour le désenclavement des territoires » permettrait, d’ici cinq ans, de donner accès à 23 millions d’habitants supplémentaires à un réseau multimodal rapide et fréquent, hors zones denses.

Le plan “France Mobilités” est un projet où l’ambition climatique de la France pourrait enfin servir un objectif social fort. Il devrait contribuer à diminuer la dépendance du pays aux hydrocarbures, à réduire les fractures territoriales et à favoriser le “made in UE”.


Plus d'articles sur le sujet

Voir tout