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PLF 2027 : De grandes avancées pour la décarbonation des transports, mais une politique climatique globale très en-deçà des enjeux

2 octobre 2026

Pour T&E, le dernier projet de loi de finances (PLF) du quinquennat d’Emmanuel Macron présente à la fois des mesures fortes pour accélérer l’électrification et la décarbonation des transports, sans pour autant être toujours cohérent sur les enjeux climatiques. « Sur les transports, le gouvernement présente plusieurs mesures qui méritent d’être saluées », explique Diane Strauss, directrice de T&E France :

Aviation

Le gouvernement propose un nouveau mécanisme de soutien aux carburants de synthèse : « Il va permettre de rassurer les investisseurs privés et de garantir le lancement des deux premières usines de production, indique Diane Strauss. Il responsabilise aussi les fournisseurs de kérosène, comme TotalEnergies, en les faisant participer au financement ».

Transport routier de marchandises

Une autre avancée notable concerne les poids-lourds électriques : le PLF 2027 prévoit la réduction de l’accise sur l'électricité en itinérance, une aide extrabudgétaire pour la recharge au dépôt, et la refonte du suramortissement pour réorienter partiellement les aides vers l’électrique. « Cela rend le camion électrique beaucoup plus attractif pour les transporteurs » se félicite Diane Strauss.

Maritime

Côté maritime, le budget contient une autre bonne nouvelle pour les carburants de synthèse. Ils bénéficieront d’un mandat d’incorporation de 1,2 % pour les metteurs à la consommation (comme TotalEnergies). « Une mesure salvatrice pour la décarbonation du secteur, qui manquait d’un signal fort » relève Diane Strauss. Le fonds de décarbonation du maritime permettant d’accélérer la transformation des navires et des ports est maintenu mais réduit.

La « taxe CMA CGM » est prolongée d’une année et financera l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFIT). « Prélever une part des profits exceptionnels des grands transporteurs pour les réaffecter au financement des transports publics et ferroviaires est une mesure de bon sens » selon Diane Strauss.

Un budget qui manque d’ambition climatique

En dépit de ces mesures positives, T&E regrette le manque d’ambition global du PLF sur la question climatique. Alors que la France sort d’un été éprouvant, qui a mis en lumière le manque d’adaptation et la nécessité d’accélérer la baisse des émissions, le texte budgétaire ne répond pas à ces deux enjeux.

Ainsi, les agrocarburants (B100 et E85) continuent de bénéficier d’une niche fiscale coûteuse pour les finances publiques (plus de 600 millions d’euros par an), alors que le bénéfice climatique net est plus que contestable et qu’ils bénéficient déjà d’un soutien extrabudgétaire (TIRUERT, puis IRICC dans le futur).

De même, l’aérien continue de profiter d’exonérations fiscales massives - plusieurs milliards d’euros par an - alors que ce secteur émet toujours plus de CO2. Le soutien du gouvernement au projet d’expansion de l’aéroport Charles-de-Gaulle est aussi révélateur du manque de cohérence climatique.

Sur les éléments symboliques, le gouvernement a fait le choix de ne pas reprendre la taxe croisière portée par le Sénat l’an dernier, malgré l’impact environnemental disproportionné de cette activité. L’aéroport de Strasbourg bénéficie quant à lui d’une exemption de taxe sur les billets d’avions censée inciter les parlementaires européens à prendre l’avion.

Enfin, le gouvernement n’a pas intégré la taxe sur les profits exceptionnels des entreprises pétrolières. « TotalEnergies s’en sort avec le beau rôle : le blocage des prix à la pompe passe pour un geste de bonté, alors que l’entreprise engrange des profits énormes sur l’ensemble de ses volumes » déplore Diane Strauss.