Les véhicules utilitaires électriques pourraient atteindre 50% des ventes en 2031 dans l’UE
La France est le pays de l’UE qui a produit le plus de véhicules utilitaires électriques en 2025 : elle a donc tout intérêt à défendre une trajectoire d’électrification ambitieuse au sein de l’Europe.
Une nouvelle étude de T&E montre que l’électrification des véhicules utilitaires légers (VUL) progresse rapidement en Europe, remettant en cause le discours alarmiste des constructeurs. Entre 2024 et 2025, les ventes de VUL électriques ont progressé de 68% dans l’UE notamment en raison d’un coût total d’utilisation (TCO) en constante amélioration, et à présent plus faible que celui du diesel en France [1]. La part de marché des e-VUL devrait continuer à progresser dans les prochaines années, pour atteindre 43% de part de marché en 2030 puis 50% en 2031.
Ces prévisions sont cohérentes avec la trajectoire récemment proposée par la Commission européenne. T&E met donc en garde contre toute tentative d’affaiblissement de cette trajectoire, ce que réclame l’ACEA, le lobby des constructeurs européens. Céder à cette demande conduirait les ventes d’utilitaires électriques à atteindre seulement 27% de part de marché en 2030 et 61% en 2035.
En outre, la France et l'Espagne ont récemment annoncé un renforcement des aides à l'achat des utilitaires électriques afin d'accélérer l'électrification du segment, en réduisant son principal frein, à savoir le coût d'acquisition encore supérieur à celui des véhicules thermiques. Ces initiatives nationales permettront de combler en grande partie l’écart qui subsiste entre les objectifs CO2 de court terme (2025-2027) et les ventes prévues d’utilitaires électriques à date.
“Retarder la trajectoire reviendrait à ralentir le rythme des investissements pourtant nécessaires dans des lignes de production dédiées à l’électrique permettant de monter en cadence, exactement au moment où l'électrique devient économiquement pertinent et où les constructeurs chinois deviennent des compétiteurs sérieux sur cette technologie” explique Marie Chéron, directrice de T&E France par intérim.
La France doit rejeter toute tentative d’affaiblissement des normes CO2 pour les utilitaires
L’affaiblissement des normes CO2 serait en effet un cadeau fait à la Chine, qui progresse déjà dans le segment des utilitaires électriques et qui pourrait prendre une avance définitive si les constructeurs européens ralentissaient leurs investissements. Alors que 49 % des VUL électriques produits par les constructeurs chinois en 2025 reposaient sur des architectures dédiées aux véhicules électriques, cette part n’était que de 18 % pour les constructeurs européens. Cela réduit leur capacité à profiter des gains de coûts et d’efficacité, contribuant ainsi à l’affaiblissement de leur compétitivité.
« La France aurait tout à perdre d’un affaiblissement des normes européennes, analyse Marie Chéron. Notre pays est en effet le leader européen de la production de VUL électriques, avec 80,702 unités produites l’année dernière, loin devant l’Allemagne ou l’Espagne. Le gouvernement devrait donc soutenir cette filière d’avenir en refusant tout nouveau recul sur les objectifs CO2 ».
En plus de défendre ces objectifs, l’UE devrait aussi dynamiser la demande de VUL électriques en réhaussant l’ambition du futur règlement sur le verdissement des véhicules d’entreprises (Clean Corporate Vehicles Regulation). Celui-ci prévoit d’attribuer à chaque Etat membre une cible d’électrification pour les entreprises ayant plus de 250 salariés, sans imposer les moyens d’y parvenir. Pour T&E, les cibles proposées sont trop faibles pour faire des grandes entreprises les véritables moteurs de l’électrification des vans et devraient être revues à la hausse. Cela permettrait d'accélérer l'émergence d'un marché de l'occasion des véhicules utilitaires légers électriques et d'offrir une visibilité à long terme aux constructeurs automobiles.
Note
[1] Une étude récente menée par Carbone 4 a montré que, par rapport aux modèles diesel, les utilitaires électriques offrent désormais un avantage en termes de coût total de possession (TCO) de 11 % pour les petits fourgons de livraison urbains, de 12 % pour les fourgons de taille moyenne utilisés par les artisans, et pouvant atteindre 14 % pour les fourgons de chantier lourds.
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